Berlioz : les grotesques de la musique
” L’art musical est sans contredit celui de tous les arts qui fait naître les passions les plus étranges, les ambitions les plus saugrenues, je dirai même les monomanies les plus caractérisées. Parmi les malades enfermés dans les maisons de santé, ceux qui se croient Neptune ou Jupiter sont aisément reconnus pour monomanes ; mais il en est d’autres, jouissant d’une entière liberté, dont les parents n’ont jamais songé à recourir pour eux aux soins de la science phénologique, et dont la folie est pourtant évidente […]
C’est convenu, chacun a le droit de parler et d’écrire sur la musique ; c’est un art banal et fait pour tout le monde ; la phrase est consacrée. Pourtant, entre nous, cet aphorisme pourrait bien être l’expression d’un préjugé. Si l’art musical est à la fois un art et une science ; si, pour le posséder à fond, il faut des études complexes et assez longues ; si, pour ressentir les émotions qu’il procure, il faut avoir l’esprit cultivé et le sens de l’ouïe exercé ; si, pour juger de la valeur des oeuvres musicales, il faut posséder en outre une mémoire meublée, afin de pour établir des comparaisons, connaître enfin beaucoup de choses qu’on ignore nécessairement quand on ne les a pas apprises ; il est bien évident que les gens s’attribuent le droit de divaguer à propos de musique sans la savoir, et qui se garderaient pourtant d’émettre leur opinion sur l’architecture, sur la statuaire, ou tout autre art à eux étranger, sont dans le cas de monomanie. Ils se croient musiciens, comme les autres monomanes dont je parlais tout à l’heure se croient Neptune ou Jupiter. Il n’y a pas la moindre différence.”
Hector BERLIOZ, Les grotesques de la musique, Chap.1
[Via Jean-Marc Onkelinx, blog En avant la musique !] à propos de la Messe en Ut mineur de Mozart.
« J’ai véritablement fait cette promesse dans mon cœur, et j’espère vraiment la tenir – quand je l’ai faite, ma femme était encore souffrante- mais comme j’étais fermement résolu à l’épouser dès qu’elle serait guérie, je pouvais facilement promettre cela. Comme preuve de la réalité de mon vœu, j’ai la partition de la moitié d’une messe qui donne les meilleures espérances » (lettre de Mozart à son père le 4 janvier 1783 au sujet du voyage à Salzbourg projeté par le jeune couple).
Ce serait donc une messe d’actions de grâce pour la guérison de Constance ou une œuvre qui pourrait redorer son blason auprès de son père ou encore une messe nouvelle pour se venger de l’archevêque de Salzbourg. Une question essentielle se pose cependant. De quelle maladie souffrait Constance ?
Télérama : Quelle place pensez-vous occuper dans l’histoire de la musique ?
Karlheinz Stockhausen : On retiendra essentiellement ma contribution à la musique électronique. Après des milliers d’années d’expression vocale et instrumentale, j’ai été l’un de ces pionniers qui se sont intéressés à la synthèse du son et à la création d’un nouveau matériau sonore.
Cette révolution a été impulsée dans les années 50 et n’a cessé de connaître des sursauts, jusqu’à son utilisation dans la musique pop ou la techno, même si l’usage que l’on en fait - l’isolation de samples, échantillons sans nuances reproduits en boucles, modifiés et matraqués sans subtilité - est souvent d’une pauvreté absolue.
Analyse de l'oeuvre > Gyorgy Ligeti > Artikulation (1958)
Totalement inédite dans sa conception, dite orale ou visuelle, elle est en couleur, ce qui n’a jamais été vu. Ce nouveau procédé témoigne d’une approche plus directe de la musique, sans avoir besoin du solfège traditionnel, permettant une approche plus démocratique de la musique (il n’y a pas besoin d’avoir pris des cours de solfège pour la lire, tout le monde peut comprendre les grands traits de cette partition). Le fait de mettre en partition cette pièce est une interprétation en soi : on a ici la vision de R.Wehinger qui en est une parmi d’autres. La partition est déjà une analyse de l’œuvre, ce n’est pas l’œuvre.
