Mob Sound

Nov 02 2009

Le luxe émotionnel, Gilles Lipovetsky

“En 30 ans, le luxe et la consommation de ses produits ont pris en charge des désirs qui avaient été désertés par le politique ou la religion. Et je ne vois rien qui puisse remplacer ces aspirations-là.

[…] En 20 ans, il y a eu une grande démocratisation de la demande du luxe. C’est ce que j’ai analysé comme la société de l’hyperconsommation. Le fait que les gens n’achètent plus des biens, mais des marques. Avant, une paire de lunettes, c’était une prothèse. Aujourd’hui, c’est de la mode. Cette culture du luxe et de la marque est aujourd’hui partout.

[…] Avant, quand il y avait une histoire sociale à raconter, c’était le groupe social qui la racontait. Ainsi s’habillait-on en fonction de son rang. On disait: «ça ne se fait pas». En 2009, on dit: «ça ne ME va pas»! Du moment que c’est la logique culturelle et non statutaire qui l’emporte, les objets racontent l’histoire de leur propriétaire.

Entretien avec Gilles Lipovetsky dans le Temps (2 novembre 2009) sur le luxe émotionnel.

Aug 27 2009
La radio a fait de la 5ème Symphonie une œuvre facile à siffloter.” T.W. Adorno

Georges Friedmann, Culture pour les millions ?

Synthèse des positions sur la culture, entre les pessimistes (Arendt) et les optimistes (Hazard, Stanton)

Nov 12 2008

Musique et technique : entre Bartok et Gould

“Ce numéro tente donc une «troisième voie», pour emprunter les termes du texte de Bernard Stiegler inclus dans ces pages: ni «technophobes» ni «technophiles», nous nous situons quelque part entre une lamentation «bartokienne» des ravages qu’a fait la diffusion mécanique du son à l’échelle globale («Le mal serait […] que la musique mécanique inonde l’univers au détriment de la musique vivante») et une position plus «gouldienne» (préconisant les «possibilités de participation qui seront offertes à l’auditeur lorsque les actuelles techniques très sophistiquées de laboratoire seront intégrées aux appareils domestiques») qui voit dans la technologie la possibilité de détendre le «joug» de la musique industrielle.”

Université de Montréal, Revue Circuit (musiques contemporaine)


MobSound :

En toute rigueur, la citation complète de Belà Bartok est la suivante :

” Le mal serait, toutefois, que la musique mécanique inonde l’univers au détriment de la musique vivante, exactement comme les produits de l’industrie l’ont fait au détriment de l’artisanat manuel. Je conclurai avec cette supplique : que la providence protège nos descendants de ce fléau.” (1937)

Contemporain de l’émergence du phonographe d’Edison, Bélà Bartok réagissait avec une certaine crainte devait cette technologie qui permettait d’écouter la musique sans savoir la lire. Bartok appartient à une génération pour laquelle la musique, pour être entendue, se lit et se joue. Paradoxalement, Bartok fut un des premiers utilisateurs de cette technologie : amorçant l’éthnomusicologie, il enregistrait à tout-va le folklore et mélodies populaires.


Tags : sociologie
Mar 28 2008

(Information Science) Article : A critical investigation of Web 2.0

Abstract :

  • Central to Web 2.0 is the requirement for interactive systems to enable the participation of users in production and social interaction. Consequently, in order to critically explore the Web 2.0 phenomenon it is important to explore the relationship of interactivity to social power. This study firstly characterises interactivity in these media using Barry’s (2001) framework differentiating interactivity from disciplining technologies as defined by Foucault. Contrary to Barry’s model though, the analysis goes on to explore how interactivity may indeed function as a disciplining technology within the framework of a neoliberal political economy.

Volume du mois de mars de la revue First Monday

Tags : sociologie
Feb 28 2008

Franck Rebillard - Les analyses post-modernes de l’internet

Source : ArchiveSIC

The aim of this paper is to study the most recent version of these ideological views surrounding the internet. In the middle of the 2000s raised the formula of Web 2.0[2] in order to describe a new stage of expansion for the internet, based on social networks, and declined in data sharing, collaborative work, « collective intelligence », and democratization of the media (Tillinac, 2006). The bards of the Web 2.0 forecast a complete revolution : intranets and groupwares are expected to break down the pyramidal structure of firms, and to allow less hierarchical work relationships ; in politics, weblogging is considered as an opportunity for citizens to express themselves in more democratic debates ; opponents to the mass media, the internet ordinary users would also be required to become anonymous reporters and to threaten the established journalistic system….

Tags : sociologie
Feb 27 2008

Pas besoin d’entrer dans le double virtuel de la réalité, nous y sommes déjà - l’univers télévisuel n’est qu’un détail holographique de la réalité globale. Jusque dans notre existence la plus quotidienne, nous sommes déjà en situation de la réalité expérimentale. Et c’est là que vient la fascination par immersion et par interactivité spontanée.

S’agit-il de voyeurisme porno?
Non. Du sexe il y en a partout ailleurs, mais ce n’est pas ce que les gens veulent.

Ce qu’ils veulent profondément, c’est le spectacle de la banalité, qui est aujourd’hui la véritable pornographie, la véritable obscénité - celle de la nullité, de l’insignifiance et de la platitude. A l’extrême inverse du Théâtre de la Cruauté. Mais peut-être y a-t-il là une forme de cruauté, du moins virtuelle.

— Jean Baudrillard, 2001. “L’élevage de poussière”, Libération. N°29
Dec 30 2007

Les locomotives, prescripteurs

“La rumeur a été à l’origine superstitieuse, naïve, auto-intoxiquée. Mais, plus récemment, la surveillance a commencé à mettre en place dans la population des gens susceptibles de lancer, au premier signal, les rumeurs qui pourront lui convenir.

Ici, on s’est décidé à appliquer dans la pratique les observations d’une théorie formulée il y a près de trente ans, et dont l’origine se trouvait dans la sociologie américaine de la publicité : la théorie des individus qu’on a pu appeler des « locomotives », c’est-à-dire que d’autres dans leur entourage vont être portés à suivre et imiter ; mais en passant cette fois du spontané à l’exercé.”

Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle (1988)

May 28 2007
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